Votre plan d'entraînement MushMate by Skimate.eu ne sort pas d'un chapeau, et il ne sort pas non plus d'une étude vétérinaire. Il sort d'un modèle qui s'appelle CAMTCanine Adaptive Multi-discipline Training — dont voici le fonctionnement, les réglages, et surtout les limites.

Ce texte est long parce qu'il ne cache rien. À la fin, vous saurez quoi régler, quoi laisser tranquille, et à quel moment votre jugement doit passer devant celui de l'application.

À lire avant tout le reste

Aucun nombre de ce modèle n'a été validé cliniquement. C'est la phrase la plus importante de cet article, et elle est écrite en toutes lettres dans notre propre documentation technique.

Les constantes qui pilotent votre plan viennent de trois endroits, et d'aucun autre :

  1. La physiologie de l'endurance humaine. Le cœur du calcul de forme et de fatigue est un modèle conçu pour des cyclistes et des coureurs. Nous l'avons transposé au chien de traîneau. Personne n'a démontré que la transposition tient.
  2. Des gabarits de périodisation standards. Le découpage de la saison en quatre phases, et les parts de chacune, viennent de la pratique courante de l'entraînement, pas d'une étude sur des chiens de course.
  3. Des décisions de conception assumées. Quand ni la littérature ni un vétérinaire ne tranchaient, nous avons choisi une valeur, et nous l'avons écrite quelque part avec la mention « provisoire ».

Aucune de ces valeurs n'a été ajustée sur les données d'une saison réelle. Ce sont ce qu'on appelle des priors : des points de départ. Le modèle est conçu pour les personnaliser chien par chien à mesure qu'il vous observe — cette boucle d'apprentissage est câblée mais dormante, et le restera tant qu'un dossier vétérinaire ne l'aura pas validée.

Une seule référence de ce modèle est réellement validée par la science : l'échelle BCS en 9 points (Laflamme), dont la pertinence sur des chiens de traîneau de longue distance a été établie par Maffi et coll. (2025). Tout le reste est notre meilleure estimation.

Ce que ça veut dire concrètement. CAMT est un aide-mémoire chiffré, pas une autorité. Il est bon à repérer une progression trop brutale, un chien qui décroche, une semaine incohérente. Il n'est pas qualifié pour vous dire que votre chienne de quatre ans peut faire 48 km demain. Ça, c'est vous, et votre vétérinaire.


1. La chaîne : de la sortie au plan

Tout le modèle tient en quatre étapes. Chacune ne connaît que la précédente.

La chaîne CAMT : de la sortie au plan

Étape 1 — ce que vous faites

Une sortie, c'est une distance, un dénivelé, un poids tracté, une vitesse moyenne, une température, et la liste des chiens attelés. Rien d'autre n'entre.

Étape 2 — ce que ça coûte : la charge

Le modèle convertit chaque sortie en un seul nombre par chien : la charge, ou TLI. Ce n'est pas une formule empirique, c'est un bilan de forces — le travail mécanique réellement fourni :

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il est contre-intuitif : le travail au kilomètre ne dépend presque pas de l'allure. Tracter 400 kg sur 20 km coûte la même chose à 12 km/h qu'à 16 km/h, à la résistance de l'air près. Une version antérieure du modèle multipliait tout par le carré de la vitesse, sans justification physique. C'est corrigé.

Ce travail est ensuite réparti entre les chiens, converti en dépense énergétique par chien, corrigé de la chaleur et du repos, puis divisé par une énergie de référence. Cette énergie de référence est une constante que nous avons choisie. Elle ne change pas les rapports entre séances, mais elle fixe l'échelle sur laquelle tous les seuils de sécurité sont calés.

Étape 3 — ce que ça laisse : forme et fatigue

Chaque chien porte trois nombres, recalculés à chaque sortie :

Ce que c'estConstante de temps
CTLla forme : la charge moyenne des dernières semaines21 jours
ATLla fatigue : la charge moyenne des derniers jours4 jours
TSBla fraîcheur, soit CTL − ATL

La forme monte lentement et redescend lentement. La fatigue monte vite et redescend vite. Quand vous enchaînez, l'ATL grimpe plus vite que le CTL, le TSB plonge, et le modèle vous freine.

Ces deux constantes ont été changées à la main le 20 juin 2026 : la forme est passée de 42 à 21 jours, la fatigue de 7 à 4. Elles sont empruntées à l'endurance humaine et recalibrées à l'intuition, pas à la mesure.

Quand le TSB d'un chien descend sous −25, il est déclaré en zone rouge : c'est le plancher de sécurité, et le plafond de volume de toute l'équipe se cale sur le chien le plus bas. Cette valeur de −25 est un prior : trop négative, un chien accumule plus de fatigue avant que le frein ne morde.

Étape 4 — ce qu'on propose

De là sortent le volume de la semaine, l'allure plafond, les jours d'entraînement, le repos et les alertes.

Et la boucle se referme : ce que vos chiens ont vraiment fait remonte à l'étape 1. Quand vous régénérez un plan, les semaines déjà passées sont recopiées telles quelles, et seules les semaines à venir sont recalculées — sur ce qui s'est réellement passé, pas sur ce qui était prévu.


2. La saison : quatre phases

La saison CAMT, découpée en quatre phases

Le temps entre le début de votre saison et votre objectif est découpé en quatre phases. Les parts par défaut sont 50 / 25 / 15 / 10 %, réglables, avec une semaine minimum par phase.

Chaque phase porte deux choses : un multiplicateur de volume appliqué au plafond de la discipline (× 0,7 en foncier, × 0,9 en intensité, × 1,0 au pic, × 0,4 en récupération), et un plafond d'allure.

« Jusqu'à 16 km/h » n'est pas une consigne d'aller à 16

C'est le malentendu le plus coûteux du produit, et il nous a été signalé par un musher. L'échelle d'allure du traîneau est 16 / 18 / 20 / 14 km/h selon la phase. Ce sont des plafonds, pas des cibles. Notre documentation le dit depuis toujours : « l'allure est une permission, pas un objectif — moins vite est toujours sûr ».

En foncier, l'intérêt de la phase est le volume à allure basse. Si vos chiens sont à l'aise à 10 ou 12 km/h, roulez à 10 ou 12. Rouler à 16 parce que l'écran affiche 16, c'est faire exactement l'inverse de ce que la phase demande — et l'écran ne le disait pas. Il le dit maintenant.

Le seul levier direct que vous avez sur ce nombre, c'est la VMAX de votre équipe, dans les réglages avancés de l'objectif.

Les plafonds de volume par discipline

DisciplinePlafond hebdoCoupure chaleurÉchelle d'allure (km/h)
Traîneau380 km15 °C16 / 18 / 20 / 14
Canicross40 km22 °C12 / 14 / 16 / 10
Bikejoring80 km18 °C18 / 24 / 30 / 16
Trottinette90 km15 °C16 / 22 / 28 / 14

Un objectif classé mi-distance utilise la moitié du plafond de sa discipline. Le seuil qui sépare mi et longue est réglable.

Ces quatre lignes sont toutes marquées « provisoires » dans notre documentation. Celle du traîneau est même explicitement suspectée d'être un peu haute.


3. Les portes : ce qui passe avant le calcul

Les portes de bien-être CAMT

Six causes peuvent arrêter ou brider un chien quoi que dise le calcul. Elles ne se négocient pas avec le modèle : elles s'appliquent après lui.

Cinq imposent un repos complet — charge zéro :

Une sixième bride sans arrêter : un BCS de 3 ou de 6–7 place le chien en bande douce, où il s'entraîne à la moitié de sa charge.

Et l'équipe entière avance au rythme du chien le plus contraint.

Trois choses à savoir sur ces portes :


4. Les jeunes chiens

Le modèle range chaque chien dans une bande d'âge, et chaque bande porte un plafond de capacité : moins de 12 mois, puis 15, 18, 30, 96, et au-delà.

Trois régimes existent — prudent, standard, sport — et votre chenil en choisit un. C'est probablement le réglage le plus lourd de conséquences de toute l'application, et c'est aussi celui dont les valeurs sont les moins étayées.

Deux précisions honnêtes :

Ce dernier point a créé un défaut que nous avons corrigé le jour même où nous l'avons mesuré : une équipe sans aucun adulte — trois jeunes chiennes et rien d'autre — recevait des séances que personne ne pouvait tenir, et 227 avertissements que rien n'appliquait. Une séance que personne ne tient est désormais ramenée au palier de l'équipe.


5. Qui influence quoi

La carte des influences CAMT

Deux conséquences valent d'être retenues, parce qu'elles surprennent :


6. Les priors, un par un

Voici les valeurs qui pilotent votre plan, et d'où elles viennent. « Emprunté à l'humain » signifie : transposé d'une littérature qui ne parle pas de chiens.

ParamètreValeurOrigineValidé ?
Constante de forme (CTL)21 joursendurance humaine, recalibré à la main le 20/06/2026non
Constante de fatigue (ATL)4 joursendurance humaine, recalibré à la main le 20/06/2026non
Poids de la fatigue vs forme2,0 contre 1,0prior humain (~2)non
Seuil de zone rouge (TSB)−25prior de conceptionnon
Parts des phases50 / 25 / 15 / 10 %gabarit de périodisation standardnon
Allures traîneau16 / 18 / 20 / 14 km/hmodèle multi-discipline §4non
Allures terre (3 disciplines)voir tableau plus hautaucun corpus réelnon
Plafond hebdo traîneau380 kmmiroir de l'ancien plafond globalnon, suspecté haut
Plafonds hebdo terre40 / 80 / 90 kmproposition de conceptionnon
Croissance hebdo max+10 %/semainegarde-fou classique anti-picnon
Bandes d'âge et plafonds12/15/18/30/96 moisdécision produit, 3 régimesnon
Seuil de perte de poids8 %placeholder assuménon, doublement marqué
Plafond de charge en bande douce0,5recopié du seuil médicament, lui-même provisoirenon
Coupures chaleur15 à 22 °C selon sportproposition de conceptionnon
Plafonds de surface (pied/terre/neige)rétro-calculésun seul carnet, n = 1non
Échelle BCS9 pointsLaflamme ; Maffi et coll. 2025oui
Boucle d'apprentissage6 observationscâblée, dormantesans objet

7. Comment paramétrer, concrètement

Ce que vous devez renseigner juste — tout le reste en dépend

Ce que vous pouvez régler sans crainte

Ce qu'il vaut mieux ne pas toucher sans raison

Les plafonds de volume et les coupures de chaleur. Non pas qu'ils soient justes — ils sont provisoires comme le reste — mais parce qu'ils sont les seuls freins automatiques sur le volume, et qu'un plafond trop haut ne déclenche plus rien.

Ce qu'il faut lire chaque semaine


8. Ce que CAMT ne sait pas

Cette liste compte autant que le reste.

L'acclimatation à la chaleur. C'est le trou le plus sérieux, et nous l'avons mesuré en septembre 2026. La littérature du milieu et le Dr Janice Baker donnent comme facteur numéro un de risque thermique non pas la température absolue, mais l'écart à ce que le chien a connu ces quatorze derniers jours : un chien habitué à −5 °C est en danger à +8 °C, un chien habitué à +15 °C ne l'est pas. Ce facteur n'entrait dans notre modèle sous aucune forme. Il existe aujourd'hui dans le verdict météo du jour, et nulle part ailleurs : ni dans les coupures de chaleur, ni dans le calcul de charge. Tous nos seuils thermiques restent absolus.

Votre terrain. La neige profonde, la glace vive, la piste damée : le modèle connaît trois profils de surface, pas votre piste.

Vos chiens en particulier. La boucle qui doit personnaliser les constantes chien par chien est écrite, mais éteinte. Aujourd'hui, tous vos chiens partagent les mêmes priors de population.

La nutrition individuelle. Les seuils de ration sont calés sur un historique qui, de notre propre aveu, n'a jamais vu un hiver.

La vitesse d'un véhicule. Il n'existe aucun paramètre de vitesse de quad ou de kart dans le modèle. Le quad et le kart ne changent que le poids tracté.


9. Alors, qu'est-ce qu'on en fait ?

Le plan propose. Vous décidez. Ce n'est pas une formule de politesse, c'est la description exacte du produit : le modèle n'a aucun moyen de vous empêcher de faire ce que vous jugez bon, et il ne cherche pas à l'avoir.

Utilisez-le pour ce qu'il fait bien :

Ne lui demandez pas ce qu'il ne sait pas : si vos chiens vont bien aujourd'hui, si la piste est bonne, si le vent tourne. Regardez vos chiens. Ils sont, eux, validés par quelques millénaires de sélection.


Une question, un désaccord, un chiffre qui vous paraît faux ? Écrivez-nous. Les priors de ce modèle sont faits pour bouger, et un retour de terrain argumenté vaut mieux qu'une constante choisie par défaut.