La ration que MushMate by Skimate.eu affiche chaque matin n'est pas un chiffre gravé dans le marbre. Elle bouge avec le poids du chien, avec ce qu'il a couru cette semaine, avec ce qui est prévu la suivante, et avec la dernière note d'état corporel prise. Voici comment ce chiffre se construit, et ce qu'il ne sait pas encore.
Le modèle d'entraînement CAMT (forme, fatigue, phases de saison) a son propre article — Comment MushMate calcule votre plan — et pourquoi vous gardez la main main*. Ici, on ne parle que de la gamelle : ce que la charge de travail d'un chien change dans ses grammes.
1. La formule : RER → MER → grammes
Trois étapes, dans l'ordre, pour chaque chien :
- RER — besoin énergétique de repos, en kcal/jour. Formule du Merck
Veterinary Manual :
70 × poids(kg)^0,75. - MER — besoin réel selon l'activité :
MER = facteur d'activité × RER. - Grammes/jour =
(MER × 1000) ÷ (kcal par kg de l'aliment), arrondi au multiple de 5 g le plus proche.
Le poids utilisé est celui de la dernière pesée, ou à défaut le poids de référence — la feuille de ration, la fiche du chien et l'appli mobile lisent aujourd'hui tous la même valeur.
La formule ne cache aucune marge de sécurité dans ses grammes. Elle existe, mais à côté, écrite en toutes lettres sous chaque ration calculée : « Estimation vétérinaire ±30 %, à ajuster selon le BCS ». Un avertissement à lire, pas un facteur invisible dans le calcul.
Et une règle prime sur tout : des grammes saisis à la main court-circuitent le calcul entier. Ce que vous avez écrit s'affiche, point final.
2. Les cinq paliers d'activité
| Palier | Facteur × RER |
|---|---|
| Repos | 1,5 |
| Léger | 2,0 |
| Entraînement | 3,0 |
| Course | 4,0 |
| Course longue distance | 7,0 |
Cette table est « validée par le propriétaire », pas par la littérature — et le dernier palier reste marqué provisoire, en attente de validation vétérinaire.
« Course longue distance » ne sort jamais d'un calcul automatique. Aucune charge, aussi lourde soit-elle, ne le déclenche seule : il n'existe que si vous le forcez vous-même, chien par chien, en réglage manuel.
3. D'où vient le palier, réellement
Le palier dérivait autrefois uniquement de la phase du calendrier de saison — un palier fixe par phase. Sur une saison pourtant ordinaire, ça produisait des rations fausses : un chenil sans trotteur, qui tracte sur terre dès début septembre, restait affiché « préparation » : 450 g/jour au lieu de 675. Le calendrier n'avait aucun moyen de savoir ce que le chien faisait.
Le cas le plus contre-intuitif. Pendant les quatre semaines de maintien qui suivent une course, le plan retombe à un quart de son volume de pic. Le calendrier disait « repos ». Mais le chien vient de courir dur : sa ration doit rester au maximum (4,0 × RER — 895 g/jour dans un cas réel observé), pas retomber avec le plan.
La règle actuelle regarde ce que le chien a fait et va faire :
palier = max(
palier justifié par la charge RÉALISÉE des 7 derniers jours,
palier justifié par la charge PRÉVUE des 7 prochains jours,
« Course » si une vraie course est déclarée dans les 7 prochains jours
)
Le maximum ne peut que monter le palier, jamais le redescendre. L'override manuel par chien reste, comme toujours, l'autorité finale au-dessus du calcul. La fenêtre arrière — les sept derniers jours — est exactement celle utilisée ailleurs dans l'app pour juger l'écart entre le plan et le réalisé : la même question ne doit pas avoir deux définitions dans un même produit. La fenêtre avant n'a pas cette même origine ; elle est symétrique pour une autre raison, tout aussi simple : sept jours est l'unité dans laquelle le plan d'entraînement prescrit une charge.
Ce qu'une charge de sept jours suffit, seule, à justifier :
| Charge sur 7 jours | Palier |
|---|---|
| < 5 | Repos |
| 5 à 40 | Léger |
| ≥ 40 | Entraînement |
Ces deux seuils viennent de mesures de production réelles, pas d'une référence extérieure — et sont eux aussi marqués « à valider — vétérinaire » (voir § 7).
En une phrase chacune, trois autres corrections du même lot : un objectif « loisir » ou « entretien » ne pousse plus un chien au palier Course juste parce que son échéance tombe dans sept jours ; une semaine à venir partiellement inconnue n'est jamais traitée comme zéro sortie ; et le palier suit désormais les objectifs propres à chaque chien, pas le prochain objectif de tout le chenil.
4. Plusieurs aliments dans la même gamelle
Le calcul répartit le besoin calorique quotidien selon le poids calorique relatif de chaque aliment, puis convertit la part de chacun en grammes avec son propre kcal/kg. Un mélange à 50/50 en calories n'est délibérément pas un mélange à 50/50 en grammes : viande crue et croquettes n'ont pas la même densité énergétique. Vous pouvez aussi fixer une cible calorique explicite, qui remplace alors le MER calculé — et la bande ±30 % qui l'accompagne est la même science que l'avertissement à l'écran, pas un second chiffre.
Chaque chenil saisit ses propres aliments et peut en partager un avec la communauté (modération avant publication). Un doublon dans votre chenil est refusé ; un kcal/kg hors bande plausible avertit, sans bloquer l'enregistrement.
5. L'indice BCS : à côté des grammes, jamais dedans
Quand la dernière note d'état corporel (BCS, sur 9 points) sort de la bande idéale, la carte Ration ajoute une ligne sous les grammes, sans y toucher : « BCS 3 — maigre : envisager d'augmenter d'environ 10 % (soit ≈ 770 g/jour). À vous de décider. »
Ce 10 % est plat, dans les deux sens, et ce n'est pas un chiffre de littérature : c'est un prior musher, la pratique du propriétaire du produit lui-même (« 10 % correspondent à peu près à mes modifications de ration »). Une proposition de le rendre réglable chenil par chenil a été étudiée puis explicitement refusée le jour même : 10 % est une constante unique pour tout le produit, pas un réglage que vous trouverez dans les paramètres.
Trois précisions utiles : l'indice se déclenche dès qu'un chien sort de la bande idéale (BCS 4-5 : rien ne s'affiche, même sur une note ancienne), et les cas les plus extrêmes (BCS ≤ 2 ou ≥ 8) reçoivent le même ±10 % alors qu'une porte séparée les a déjà mis au repos complet — l'indice ne remplace pas cette porte ; une note périmée hors bande idéale affiche seulement « à re-noter avant d'ajuster la ration », sans chiffre ; et une note absente ou une ration saisie à la main n'affichent rien du tout.
6. La feuille de ration, à l'écran et sur le mur
/meute/rations affiche toute la meute d'un coup d'œil (Chien, Ration/jour,
Poids, Activité, Aliment), chaque ligne portant une pastille BCS à trois
niveaux — verte, orange, rouge — toujours accompagnée de son texte, jamais la
couleur seule.
Une affiche imprimable dédiée existe aussi : A4 paysage, deux colonnes de chiens, paginée pour un vrai affichage mural. Sur le papier, la colonne Activité disparaît (« au moment du repas on verse des grammes, on ne recalcule pas un facteur ») et l'aliment passe sous le nom du chien ; le BCS y apparaît en texte, uniquement pour les chiens à surveiller ou à résoudre — et pour ceux-là, l'indice ±10 % du § 5 est imprimé juste en dessous, avec son pourcentage et ses grammes suggérés : ça a d'abord été réservé à l'écran, puis remis sur l'affiche quand le propriétaire a remarqué qu'il disparaissait à l'impression alors qu'il s'en servait justement pour décider au mur. Un total par aliment (kg/jour, kg/semaine) compte les chiens à ration calculable, et compte séparément ceux qui ne le sont pas. Une ration figée à la main porte l'étiquette « saisie », avec la légende : « saisie = ration fixée à la main : elle ne suit pas le poids ».
7. Ce que ça ne sait pas encore
- Les seuils 5 et 40 n'ont jamais vu un hiver complet. Le corpus de charges réalisées qui a servi à les choisir tombe à 2 247 points sur 2 288 entre avril et août ; il n'en reste que 41 en février-mars, à 83 % au repos. Ces seuils sont cohérents avec la mesure disponible, jamais validés par elle.
- Le 10 % BCS est la pratique d'une seule personne, pas une donnée vétérinaire, identique pour tout le monde et dans les deux sens.
- « Course longue distance » ne sort jamais d'un calcul — seulement d'un choix explicite du musher.
- La marge ±30 % n'est pas calibrée par chien : une bande fixe autour du besoin théorique, pas une mesure individuelle.
Alors, on en fait quoi ?
Le calcul tient la comptabilité que personne ne fait bien de tête sur vingt chiens et six mois, et repère des décalages qu'un calendrier seul aurait manqués. Il ne remplace pas votre œil sur le pelage, la truffe et l'appétit d'un chien un matin donné. La ration propose un chiffre, le BCS suggère un ajustement — c'est toujours vous qui versez la gamelle.
Un chiffre qui vous paraît faux ? Écrivez-nous — ces seuils sont faits pour bouger, surtout après un premier hiver complet sous ce modèle.