Un musher nous a posé une question simple, à propos d'une de ses chiennes :

« Dans la feuille de ration, la ration est à diminuer. Mais l'état de gestation est-il pris en compte ? »

Non. Il ne l'était pas. Et le plus gênant n'est pas l'oubli : c'est le sens dans lequel il penchait.

Ce qui se passait, et pourquoi c'était le mauvais sens

La ration suggérée part du poids du chien et de son travail : ce qu'il a encaissé ces sept derniers jours, ce que le plan lui demande les sept prochains. Plus il tracte, plus il mange. C'est juste — pour un chien qui tracte.

Une chienne gestante ne tracte plus. Sa charge tombe à zéro, l'app en conclut « repos », et le repos est le palier le plus bas de la table. La feuille affichait donc un chiffre — un chiffre net, précis, sans avertissement — et ce chiffre descendait au moment précis où le besoin de la chienne monte.

Au dernier tiers de la gestation, puis en pleine lactation, une chienne a besoin de nettement plus que l'entretien. Elle recevait la plus petite ration du chenil.

Un blanc aurait été gênant. Un chiffre faux, affiché avec la même assurance que les autres, ne l'est pas de la même façon : rien ne vous invitait à le corriger.

Ce que l'app fait maintenant

Sur la feuille de ration et sur la fiche de la chienne, deux choses changent.

Son état est nommé. Là où la colonne Activité disait « Repos », elle dit désormais « Gestante » ou « Allaitante ». Ce sont deux situations différentes, et elles ne sont jamais confondues.

La ration n'est plus calculée. À la place du chiffre : « Gestante — ration à régler à la main ». Sur la fiche, une phrase explique pourquoi — le calcul partirait du travail fourni, qui est nul, et proposerait moins que l'entretien.

Sur la feuille imprimée que vous punaisez au local, l'état apparaît sous le nom de la chienne : celui qui distribue au petit matin voit tout de suite de qui il s'agit.

Ce qui ne change pas pour vous

Si vous aviez déjà réglé la ration à la main, elle reste exactement où vous l'avez mise. Grammes saisis, objectif calorique saisi : votre chiffre est servi, et l'état de la chienne s'affiche à côté. Nous ne corrigeons pas par-dessus la décision d'un musher.

Le reste du chenil est inchangé, au gramme près. Les totaux du local à nourriture comptent la chienne à part, dans les « chiens sans ration calculable », comme ils le font déjà pour un chien sans aliment configuré.

Ce que ça ne fait pas — et ce n'est pas « pas encore »

L'app ne vous propose aucun nombre de grammes pour une chienne gestante ou allaitante. C'est un choix, pas un chantier inachevé.

Calculer cette ration demande des repères vétérinaires : combien la dépense monte par semaine de gestation, ce que coûte une portée de deux contre une portée de neuf, comment le besoin redescend au sevrage. Ces repères existent dans la littérature, mais nous ne mettons pas des grammes dans une gamelle sur la foi d'une lecture rapide. Tant qu'ils n'ont pas été validés par un vétérinaire, l'app préfère se taire que se tromper une seconde fois dans le même dossier.

Elle ne vous empêche rien non plus. Vous restez libre de servir ce que vous voulez, comme toujours : l'app signale, elle ne décide pas.

Sur le téléphone, vous aurez l'état mais pas la phrase. La fiche mobile affiche « Gestante » et retire le chiffre, exactement comme le web ; l'explication en toutes lettres arrivera avec la prochaine mise à jour des textes de l'app.

La décision prise contre l'évidence

L'évidence aurait été d'appliquer un coefficient : × 1,5 en fin de gestation, × 3 en lactation, et l'affaire était classée en une soirée.

Nous ne l'avons pas fait, pour une raison qui tient en une phrase : c'est exactement ce genre de coefficient plausible, posé sans mesure, qui a produit le défaut d'origine. Un chiffre inventé avec assurance se lit comme un chiffre vérifié. Il aurait fallu des mois et une portée pour s'apercevoir qu'il était trop bas — ou trop haut.

Une case vide vous fait ouvrir votre carnet et appeler votre vétérinaire. Un mauvais chiffre, non.